Libre echange du commerce des services au Maroc

L’ouvrage de Nabil Boubrahimi, édité en 2009, retrace les enjeux et perspectives pour le Maroc dans le cadre de la nouvelle donne économique basée sur les Accords de libre échange.

Bien que le Maroc se trouve en tête du peloton parmi les autres pays de la rive sud de la Méditerranée au sujet du commerce des services, les négociations dans le cadre de l’ALE (Accords de libre échange) avec l’Union Européenne ont pâti de la dernière crise. Si le commerce des biens connaît une avancée plus ou moins constante, celui des services demande une certaine technicité. La thématique et l’enjeu que cette question représente pour le pays n’ont pas laissé indifférent ce jeune docteur en sciences économiques qu’est Nabil Boubrahimi. Ce dernier vient de publier son premier livre intitulé «Libre échange, du commerce des services au Maroc : enjeux et perspectives».

Il s’agit en fait d’une thèse de doctorat qui a déjà séduit et remporté un prix en 2009. Il fallait donc que ce travail d’analyse mais aussi de prospection trouve sa pleine expression en devenant accessible au grand public. Dans un style limpide, l’auteur ayant fait ses preuves dans le journalisme, traite de l’importance de ce débat d’actualité sur les services, à la lumière de l’évolution remarquable que ce secteur a connu durant les 20 dernières années.

Le livre ne perd pas de vue les différentes analyses et réflexions économiques récentes ayant abordé ce thème et développe longuement les négociations internationales sur les services ainsi que l’intérêt apporté à l’étude des activités de services et à leur développement. Dans cette perspective, l’auteur fait remarquer que le débat sur la libéralisation a été orienté, depuis plusieurs années, vers le commerce des marchandises avant que des tentatives de libéralisation du commerce des services n’apparaissent, entre le début et le milieu des années 80.

A l’époque, l’idée d’intégrer des règles relatives à ce type de commerce, dans le système multilatéral, a été évoquée par certains pays développés qui ont voulu créer un cadre régissant les échanges des services. Levée de bouclier des pays en développement qui redoutaient qu’un tel cadre nuise à leur capacité de poursuivre des objectifs de politique nationale et ne limite leur pouvoir de réglementation. Les choses n’ont pas tardé à prendre un nouveau virage lorsque les négociations entre les pays membres du GATT (General Agreement on Trade and Tariffs) ont permis d’aboutir à un accord général sur le commerce des services (AGCS).

Ce dernier fut le premier accord et l’unique ensemble de règles multilatérales qui régissent le commerce international des services. Finalement, explique l’auteur, l’adhésion des pays en développement à cet accord a été motivée par la grande flexibilité qu’il offre, tant au niveau des règles qu’il propose que pour ce qui est des engagements en matière d’accès aux marchés. Quid du Maroc ? L’auteur a réservé une bonne partie de son ouvrage à l’implication du Royaume dans ces négociations en avançant que le Maroc fut parmi les premiers pays membres signataires de l’AGCS.

Ce qui lui a permis de participer aux cycles des négociations tenues par la suite dans le cadre du système commercial multilatéral et de formuler des offres d’engagements pour la libéralisation du secteur des services. Compte tenu de l’importance du sujet choisi, l’ouvrage constitue une référence en matière d’analyse des enjeux de la libéralisation du commerce des services et du niveau d’ouverture du Maroc atteint dans le cadre des négociations internationales portant sur ce domaine. Il apporte une contribution scientifique à l’analyse des résultats de la politique marocaine en la matière et des enjeux qui pourront se dégager de cette ouverture des services stratégiques du Maroc.

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