OMC/ WTO, 30 ans deja!

Le 15 avril 1994, a l’heure de la prière d’Al Asr, feu Hassan II, maitre de cérémonie, a aimablement demande de suspendre momentanément le defile de signature officielle du document de creation de l’OMC, le temps que le muezzin de la mosquée du palais royal ait fini l’appel a la prière. Ce fut un moment de calme, de serenite et de spiritualité qui a marque a jamais la fin du GATT et la naissance de l’OMC.
Que d’eau a coule sous les ponts depuis, menant l’OMC au summum de son apogée, avant de se retrouver décriée en premier par les puissances qui l’ont portée. Schématiquement, 3 phases marquent les 30 ans de vie de la WTO.
La premiere phase est celle de la montée spectaculaire du commerce mondial, a des taux plus élevés que le PIB, de la fragmentation du commerce et de la création de chaines de valeur mondiale. C’est la phase de la mondialisation « heureuse » et du triomphe du neo libéralisme qui l’a irriguée, moyennant un développement fulgurant des NTIC’s.
La seconde phase est celle du régionalisme via la multiplication des accords de libre échange. Limitant pourtant le multilateralisme, ces pratiques ont été encouragées par l’Organisation et ses acolytes, les organisations de Bretton woods, Banque mondiale et FMI. Cette phase a en fait vu l’amplification des désaccords mondiaux sur les principaux sujets (agriculture, services, règles techniques, développement…,) l’amplification du gap entre pays développés et ceux dits en développement, et l’exacerbation de la concurrence inter puissances, avec l’emergence d’une Chine, usine du monde, et de quelques autres emergents qui constitueront par la suite le groupement des Bric devenu Brics et depuis 2024 Brics+.
Cette naissance du BRICS face au G7 est symboliquement, avec la crise des subprimes, l’indicateur du passage a la 3eme phase de vie de l’OMC: celle de l’affaiblissement dans le sillage de la de mondialisation, l’acceleration du rythme de survenue des crises, devenues poly crises, aggravées par le dérèglement climatique et scellées par celle qui ouvre le monde sur l’inconnu, la pandémie Covid 19. L’OMC se trouve contestée et avec elle tout le système economique mondial. De nouveaux leitmotivs sont au devant de la scene: souveraineté, defragmentation, re localisations, nearshoring, friendshoring… L’OMC est quasi paralysée, son comite de règlements des différends bloque.
La nouvelle directrice, africaine, tente difficilement de maintenir a flot une embarcation qui tangue en attendant que les tempêtes se calment. Ce qui est loin d’être proche. La perspective de retour aux commandes de D. Trump aux USA, l’élargissement du BRICS et l’éclatement de nouvelles guerres menaçant de se generaliser, ne font qu’assombrir encore et toujours l’horizon.
Cela étant dit, les previsions actuelles de l’OMC tablent sur une reprise du commerce mondial en 2024 et 2025. Le FMI, pour sa part, revoit légèrement a la hausse le PIB mondial 2024 et prévoit un taux de croissance respectable pour l’Afrique.
Quant au pays de naissance de l’OMC, le Maroc, les pluies y ont été de retour après quelques années de sècheresse. Les projets royaux en direction de l’Afrique subsaharienne, des pays du Sahel et de l’Afrique atlantique se précisent.
C’est dire que la vie continue et le commerce, local et lointain, aussi !

Prof. Ahmed Azirar, économiste, President de l’AMEEN ( Association marocaine des économistes d’entreprise. www.ameen.org.ma)
Dubai. 15.04.2024

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